NOUVELLES TECHNOLOGIES : QUELLE ETHIQUE ?

6 février 2018 : Conférence de Laurent Alexandre à l'USI "les intelligences" et 
Andréa Bellantone "L'homme, son corps, la technique, quelle éthique ?"

Cette conférence opposait des approches différentes de l'intelligence artificielle, une vision technique où une IA peut supplanter l'intelligence humaine et la vision d'un homme en capacité de s'adapter à la technique tout simplement parce qu'il a conscience d'exister, de vivre sa vie et de sa finalité.

Le docteur Laurent ALEXANDRE, considéré comme le spécialiste du transhumanisme français a une vision alarmante du sujet

Il fait la différence entre l'IA faible, l'outil maîtrisé et utilisé par l'homme et l'IA forte qui pourrait décider elle même et faire des choix voire dominer l'homme.

Nous avons su créer une société de connaissances sans réfléchir aux conséquences de cette société créée. Les différences de capacités cognitives entre les cerveaux humains et les cerveaux de silicium. Domination par ceux qui en petit nombre, intelligents créeront de plus en plus de richesses d'une masse d'hommes moins intelligents et pauvres devenus assistés, sans buts ni capacités à faire partie de l'élite. Ces écarts deviendront insupportables. Le transhumanisme démantèle les impossibles.  Les politiques ne sont pas armés pour prévenir ni lutter contre les GAFAM occidentaux et BATX asiatiques qui vont imposer la loi du marché de l'intelligence démiurgique aux lois parlementaires ; "amazon est plus fort que le code du travail français", tuer la mort, aller sur mars, augmenter le cerveau humain...... L'éthique, règle morale, explose en une multiplicité d'éthiques non coordonnées chaque discipline cherchant la sienne.

L'intelligence artificielle raisonne de façon verticale alors que l'homme a cette particularité de réfléchir de manière transversale et de faire du lien entre les disciplines. Il faut donc cultiver cet atout et utiiiser l'IA en complément des capacités humaines mais auparavant, l'école devra s'adapter et apprendre dès le plus jeune âge aux enfants à gérer l'IA.

Devant l'envie de certains groupes de fusionner l'IA avec le cerveau humains, il faut lutter contre ce fascisme du 21è siècle, piège mortel pour l'humanité.

Il voit des lignes rouges à ne pas dépasser ; garder contact avec le réel et ne pas perdre le corps humain ; défendre notre autonomie et conserver le hasard car l'IA supprime le hasard.

Andréa Bellantone, philosophe a un tout autre discours. En historien, il voit une grande différence dans les approches ; le philosophe s'appuie sur les discours de ceux qui ne sont plus là, le docteur Alexandre sur ce qui va être.

En historien, il montre que l'homme depuis plusieurs siècle a su s'adapter aux machines qui décriées un temps lui ont permis d'aller plus loin et d'améliorer ses connaissances.

L'IA est une machine qui peut ressembler à l'humain mais qui n'a pas conscience d'exister  L'homme est plus qu'un savoir-faire  techniques. Il fait partie d'un dispositif auquel la machine prend sa part et il y a une évidente accélération, jusqu'à la limite de la transgression.

Cependant l'homme a une finalité et se pose la question de ce qu'il est, de ce qu'il veut être;, de ses désirs. L'homme du moyen-âge luttait pour sa  vie,il a un projet alors que l'homme moderne n'a souvent pas conscience de sa place dans le monde et sa vie manque de sens. Il est perdu, il a gagné la liberté mais manque de sécurité et d'horizon.Rien ne sera résolu par la loi bioéthique car elle ne changera pas la vision que l'homme a de lui même, tant qu'il ne réfléchira pas à sa condition. La politique crée le débat mais la solution est dans l'homme, libéré des contraintes, l'homme n'est plus au centre de rien. La technique ne transforme pas l'homme, elle le distrait de lui même. Quand la vie a du sens, il n'y a pas de désespoir. L'homme doit retrouver la spiritualité.sous peine de devenir l'esclave de lui même. S'il est possible de simuler l'intelligence technique, il n'est pas possible de simuler la conscience de soi.

Les hommes peuvent beaucoup. Ils sont de plus en plus riches, mais en même temps, de plus en plus vides. Notre vie a besoin de se remplir de sens autrement ce qu'on ne peut avoir devient objet de désir.

Le vrai défi de l'homme est anthropologique avant d'être éthique. 

Le corps de l'homme n'a pas été choisi et l'homme ne choisi pas ses parents. Que signifie avoir un corps plus beau, plus fort, La créature humaine est rattachée à son corps qui habite sa conscience. Je pense donc je suis, le robot ne le fait pas. L'IA simule l'intelligence humaine mais elle reste une intelligence opérationnelle.


 12 décembre : Bernard Burel : Transhumanisme ; le cyborg est il l'avenir de l'homme ?
La Manif Pour Tous 31 recevait mardi soir, Mr Bernard Burel ancien directeur de la cité de l'espace pour une conférence du cycle "Les nouvelles technologies : quelle éthique" qui s'intitulait : "Transhumanisme : le cyborg est-il l'avenir de l'homme ?"

La salle a été subjuguée pendant près de 90 minutes et le temps a manqué pour que l'intervenant puisse répondre à toutes les questions. Le mouvement transhumaniste a été expliqué, de ses prémices philosophiques aux conséquences techniques d'aujourd'hui et celles qui arriveront demain si nous n'y prenons pas garde. Le mouvement prend en effet de la vitesse, en raison de la convergence des nanotechnologies, des biotechnologies, de l'informatique et des neurosciences  Le fait est que les progrès s'installent dans l'indifférence générale notamment celle des politiques sous prétexte qu'on ne peut pas lutter contre le progrès selon le principe de Gabor." Tout ce qui est techniquement possible sera nécessairement réalisable"

Les alliés libéraux-libertaires, les entrepreneurs capitalistes, américains ou chinois parfaitement identifiés pousseraient le projet d'hommes sans racines, fabriqués, augmentés modifiés voire devenus immortels.  Pour qu'elle humanité ? Le résultat est un peu effrayant, la vie humaine aurait perdu son sens.
 Entre les sceptiques et les fatalistes, il faut espérer que sans renier les avantages des progrès techniques sur les conditions de vie des hommes, nous puissions encore réagir pour laisser la technique à sa place et que nous sachions conserver sa maîtrise.

La prochaine conférence du cycle aura lieu en février 2018 avec un philosophe et un expert de l'Intelligence Artificielle et de la robotique 

petit compte-rendu du  28 novembre 2017 

Hier soir, 28 novembre, LMPT31 organisait la 1ère conférence du cycle 2017-2018


Hier soir, 28 novembre, LMPT31 organisait la 1ère conférence du cycle 2017-2018, une cinquantaine de courageux élus ou représentants de différents partis  et des personnes intéressées par le sujet, avaient bravé les embouteillages  combinés de la sortie d’Airbus et du Zénith où se produisait un artiste renommé.

Intervenant en premier, le Docteur Mazzone a décrit les missions du Centre d’Etudes et de Conservation des Oeufs et du Sperme (CECOS) 31. Dans cet organisme créé en 2012, il ne s’agit pas tant de guérir des patients que de tenter de pallier l’infertilité des hommes en permettant aux couples d’avoir des enfants dans le cadre de la législation.  Le CECOS 31 gère le don de sperme, nécessairement anonyme et gratuit, ainsi que sa conservation, l’affectation des paillettes à des couples en attente. Il s’occupe également du suivi des familles et quelquefois des enfants.  Au travers d’exemples concrets d’indications mais aussi de contre-indications, le praticien nous a fait comprendre  que le vécu des familles est toujours unique et que la détresse de l’homme et l’intérêt de l’enfant sont pris en compte de façon très attentive par la réglementation et par les pratiques .

L’Espace de Réflexion Ethique Midi-Pyrénées (EREMIP) www.eremip.org qui couvre le domaine des sciences de la Vie et de la santé, était représenté par le professeur Jacques Lagarrigue et le docteur Catherine Dupré-Goudable. Ils ont exposé les missions d’information et de formation de cet organisme régional peu connu du grand public, adossé au CHU. Dans le cadre de la révision de la loi bioéthique 2018, l’EREMIP, qui prendra le nom d’ERE Occitanie à compter du 1er janvier, est notamment chargé par le Comité Consultatif National d’Ethique d’organiser pour notre région les consultations citoyennes. Des détails  d’organisation très attendus nous ont ainsi été communiqués. Nous avons pris conscience à quel point les notions d’éthique occupent une place centrale dans les pratiques des personnels de santé ainsi dans leurs réflexions prospectives.

Philippe Soual, philosophe, a fait un brillant exposé, très percutant, pour définir le transhumanisme  et poser la question : qu’est-ce que l’homme  et quel est son génie propre ? L’enfant programmé par l’enseignement à atteindre des performances prédéfinies sans réfléchir, plutôt qu’à développer son potentiel infini d’intelligence, n’est-il pas déjà confondu avec une machine qui ne rend que ce qui a été programmé ? L’éducation, à la place de critères de vie soutenus par la morale, met en place des conduites de réduction des risques, la morale étant réduite au minimum. L’homme a sur la machine un  atout, sa capacité d’aimer et de se donner, même s’il y a souffrance.  L’homme augmenté serait donc pour le philosophe, un homme diminué  manquant d’amour et d’empathie.

Cette conférence  introduit ainsi la prochaine réunion « Transhumanisme : le cyborg est-il l’avenir de l’homme ? »

Après les réponses aux questions de l’auditoire, un pot de l’amitié a réuni les participants.


rtCreated with Mozello - the world's easiest to use website builder.

 .